1981 — Des idées aux petits pâtés

MAINMISE et LA VIE EN ROSE
Mainmise et La Vie en Rose

À deux pas du Cégep, du côté de la rue Saint-Louis, l’ancien Institut maritime avait été transformé en Regroupement des organismes communautaires et culturels ( ROCC ) avant de devenir l’actuelle Hôtellerie Omer Brazeau. Le Centre réunissait de multiples organismes de gauche, féministe, écologiste, granola, artistique… On y trouvait entre autre, une radio communautaire et un restaurant végétarien tenu par un charmant chef, membre de la Fraternité Blanche Universelle. C’est souvent là que nous nous rencontrions, travailleuses et chômeuses, en vue de partager nos connaissances et réfléchir à la création de projets pour les femmes en chômage. Après la défaite du référendum pour l’Indépendance nationale, il fallait agir et chercher une voie inspirante à l’action. La revue contre-culturelle, d’inspiration californienne, Main-mise avait fait son temps. Fondée en 1970 elle avait inspiré un mouvement orienté vers la libération de l’individu. Par la suite, la revue Le Temps fou plus politisée, avait permis l’émergence de la revue La vie en Rose, qui donna  un immense dynamisme au mouvement des femmes. De son côté,  Jacques Languirand donnait le ton du Nouvel Âge au Québec. Il abordait tous les courants alternatifs mondiaux : massages, boudhisme, zen, méditation, yoga, écologie, alimentation naturelle, santé, phytothérapie, physique quantique, Gaïa, psychologie, pensée positive, thérapie, pouvoir de la pensée, agriculture biologique, voyages initiatiques, spiritualité, science, etc. Ce ton qui dura 40 ans à la radio de Radio-Canada a fini en queue de poisson car l’auréole du personnage fut ternie à la fin de sa vie. (Cette façon que nous avons au Québec de tourner radicalement le dos au passé pour y cacher sa part d’ombre me déconcerte. Ce purisme inquisiteur qui cherche à se montrer plus blanc que blanc remonte occasionnellement à la surface.) Donc, revenons à l’idée principale qui était de créer des emplois pour les chômeuses. Nous acceptions toutes les suggestions. Euréka ! L’idée qui rallia toutes les filles fut de produire des petits pâtés végétariens. Par hasard, peu de temps après cette merveilleuse idée, l’impulsive Audette Landry tomba sur la vente d’une cuisinière commerciale pour la modique somme de mille dollars. Une aubaine !  Il n’y avait qu’une seule ombre au tableau. Aucune d’entre nous n’avait pensé demander s’il y avait des femmes motivées à cuisiner les petits pâtés végétariens. Personne ne s’est présenté parmi les chômeuses sur les postes disponibles et cette leçon de vie, prise avec humour, ouvrait l’imaginaire à d’autres projets toujours orientés vers la santé des femmes, l’écologie et l’agriculture biologique. La santé des femmes nous semblait prioritaire car les effets sur le bien commun et la collectivité allaient de soi.

Pâtés F

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