1978 — Borduas n’était pas syndiqué. Je l’étais.

 

Paul-Émile Borduas fut congédié de l’École du Meuble (devenu les Arts appliqués, puis le Cégep du Vieux-Montréal). Dans le manifeste Refus Global de 1948, l’anarchiste révolutionnaire Borduas s’attaquait de manière cinglante à l’Église catholique. Il dénonçait la corruption politique, nationale et mondiale, sous toutes ses formes, ainsi que les classes bien nanties qui maintenaient la société québécoise dans l’ignorance. Le manifeste Refus Global, véritable cri de liberté, fit scandale dans cette société frileuse et tant attachée à son clergé et à ses traditions. Sans syndicat pour le défendre, le malheureux Borduas fut congédié de son poste d’enseignant, directement par le gouvernement comme dans une République de bananes. Ce qui ne risquait pas de m’arriver. C’est le bon côté du syndicalisme. Comme il se devait, dans mon cours d’histoire de l’art québécois, j’accordais une place de choix à Borduas et au groupe des automatistes qui comprenait sept femmes et huit hommes. Je dois avouer que ce genre de manifeste n’est pas facile à comprendre. Cependant, quand on se donne la peine de se familiariser avec le style lyrique pour saisir les métaphores, on s’aperçoit que la forme du manifeste Refus Global est peut-être dépassée mais le fond demeure actuel. Sauf que le clergé a changé d’apparence, de langage et de forme. En 1948 Borduas proposait l’éveil des esprits par l’art. De de son côté le frère Marie Victorin proposait l’éveil par la science. Art et science sont les mamelles de l’imaginaire et de la créativité qui  ouvrent les portes de la transcendance, pour qui veut et peut les franchir. En tant qu’ancienne montréalaise j’étais très attachée à Borduas, ne serait-ce que parce que j’ai fréquenté la même institution que lui. J’étais autant attachée au scientifique Marie-Victorin, l’enseignant chercheur en botanique, visionnaire génial, concepteur du Jardin Botanique de Montréal que je fréquente depuis mon adolescence et dont je suis présentement amie. Deux destins tragiques qui inspirèrent les futures générations.

2 réflexions sur “1978 — Borduas n’était pas syndiqué. Je l’étais.”

  1. Faute de français, section 78-Borduas « ne serait-ce parce que j’ai fréquentée la même institution » le verbe ne s’accorde que lorsque le sujet est avant le verbe avoir. Donc on devrait lire fréquenté.
    Au début du paragraphe, moins grave mais redondance,,,, De de son côté le Frère (f minuscule) Marie-Victorin,,,,, PS je continue de vous lire et j’aime votre style. Je suis de Rimousk et de l’époque du début des Cégeps

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